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Table des matières / Prise en charge de l’AVC en phase aiguë

1. Recommandations pour la sensibilisation à l’AVC, la reconnaissance et l’intervention

6e édition, MISE À JOUR juin 2018


Recommandations
  1. Tous les membres du public et les dispensateurs de soins doivent savoir qu’un AVC est une urgence médicale [niveau de preuve C].
  2. L’éducation du public et des dispensateurs de soins doit être axée sur la reconnaissance des signes et des symptômes de l’AVC, ainsi que sur les mesures à prendre lorsque l’on ressent ou observe les signes de l’AVC [niveau de preuve C]. Veuillez consulter l’encadré 1A ci-dessous.
  3. Les campagnes de sensibilisation et d’éducation du public doivent employer l’acronyme VITE (Visage, Incapacité, Trouble de la parole, Extrême urgence) pour aider les gens à se rappeler et à reconnaître ces signes [niveau de preuve B]. Veuillez consulter l’encadré 1A ci-dessous.
  4. L’éducation du public et des dispensateurs de soins doit souligner la nécessité de réagir immédiatement en composant le 9-1-1 [niveau de preuve B] même si les symptômes semblent s’estomper.
    1. Le grand public doit être prêt à fournir les renseignements pertinents au répartiteur, aux ambulanciers et aux autres spécialistes, ainsi qu’à répondre à leurs questions [niveau de preuve C]. Veuillez consulterl’encadré 1B ci-dessous.
    2. Le public doit savoir qu’il est impératif de suivre les instructions fournies par le service téléphonique d’urgence [niveau de preuve C].
  5. L’éducation du public et des dispensateurs de soins doit mentionner que l’AVC peut frapper à n’importe quel âge, des nouveau-nés aux enfants en passant par tous les adultes. Elle doit également souligner les avantages des soins d’urgence rapides [niveau de preuve B]. Veuillez consulter la section « Justification » pour connaître les avantages d’une intervention rapide.

Veuillez consulter la section 3 pour les recommandations sur les services médicaux d’urgence et les soins préhospitaliers.

Encadré 1A : Signes de l’AVC – VITE

Encadré 1B : Renseignements principaux exigés par le répartiteur, les ambulanciers et l’établissement recevant le patient

La version définitive de cet article a été publiée dans l’International Journal of Stroke par SAGE Publications Ltd. © World Stroke Organization, 2018.

Justification +-

Quand on parle d’AVC, chaque seconde compte! En moyenne, deux millions de neurones meurent chaque minute après le début des symptômes et entraînent ainsi des lésions cérébrales permanentes (Saver 2009).

L’AVC est une urgence médicale. Bien des gens ne reconnaissent pas les signes et les symptômes de l’AVC, ou alors les attribuent à un problème de santé moins grave, ce qui les pousse à ne pas demander immédiatement de l’aide médicale. Il est crucial que toutes les personnes qui font un AVC arrivent à l’urgence aussi rapidement que possible, car si l’évaluation et le traitement sont faits tôt, il pourrait être possible de leur sauver la vie. L’AIT est également considéré comme une urgence médicale devant être évaluée et traitée rapidement.

Tous les efforts visant à améliorer les interventions des services médicaux d’urgence en cas d’AVC ou à encourager le public à reconnaître les signes et symptômes de l’AVC pour ensuite appeler des secours donnent lieu à des traitements plus rapides à de meilleurs résultats.

Ces recommandations s’appliquent dans toutes les régions géographiques, et l’éducation devrait elle aussi se faire de façon uniforme et s’accompagner de démarches ciblées adaptées aux besoins de différents groupes de population, sans tenir compte des enjeux locaux de temps d’accès aux soins.

Exigences pour le systéme +-
  1. Du financement et du soutien de la part du gouvernement pour les initiatives de sensibilisation en vue d’améliorer la reconnaissance et la rétention des signes de l’AVC (p. ex., VITE, une pratique exemplaire à l’échelle mondiale), ainsi que de souligner l’importance de composer immédiatement le 9-1-1. Les campagnes de sensibilisation et d’éducation doivent faire l’objet d’une adaptation en fonction des préférences culturelles et linguistiques des différents segments de population pour favoriser l’adoption et faciliter la compréhension.
  2. Une collaboration accrue entre les organismes communautaires et les professionnels de la santé afin d’assurer l’uniformité des campagnes d’éducation du public aux signes de l’AVC, notamment en mettant fortement l’accent sur l’importance d’une intervention rapide dès que l’on perçoit ces signes.
  3. Des formations et de l’éducation pour les services médicaux d’urgence, les étudiants en médecine et en soins infirmiers, les médecins en soins primaires et en soins actifs, les médecins spécialistes, le personnel infirmier et les professionnels paramédicaux en vue d’augmenter leur capacité de reconnaître les gens potentiellement victimes d’un AVC et de procéder à une évaluation et à une prise en charge rapides.
  4. Des systèmes exhaustifs en place pour assurer à toute la population un accès rapide à des services médicaux d’urgence adéquats, à des soins ambulatoires qui ne soient pas trop onéreux ainsi qu’à des soins de l’AVC de qualité, quelle que soit la région où ils vivent.
  5. Pour surveiller et améliorer le niveau de sensibilisation au sein de la population du pays, les systèmes de santé, les gouvernements provinciaux ou territoriaux et le gouvernement fédéral doivent créer des données liées sur la santé et les facteurs sociaux et les utiliser pour favoriser l’amélioration de la qualité par une meilleure compréhension des problèmes sociaux et des problèmes de santé auxquels la population du pays se heurte.
Indicateurs de rendement +-
  1. Proportion de la population (et de sous-groupes particuliers) qui connaît les signes de l’AVC présentés dans VITE (indicateur de base).
  2. Proportion de gens qui subissent un AVC ou un AIT et qui sont transportés aux soins actifs par des ambulanciers (indicateur de base).
  3. Délai médian (en heures) entre le début des symptômes de l’AVC et l’arrivée aux services d’urgence.
  4. Proportion des patients cherchant à obtenir des soins médicaux dans les 4,5; 6 et 24 heures suivant le début des symptômes de l’AVC (indicateur de base).
  5. Délai moyen (ÉIQ) entre le début des symptômes de l’AVC et le premier contact avec les services médicaux d’urgence défini comme l’heure à laquelle a eu lieu l’appel au 9-1-1 ou au service téléphonique d’urgence local.
  6. Proportion de la population qui vit à moins de 4,5 et 6 heures de transport terrestre d’un hôpital pourvu du matériel nécessaire pour fournir des soins de l’AVC en phase hyperaiguë (c.-à-d. qui possède un tomodensitomètre et qui a la capacité d’administrer de l’altéplase).

Veuillez consulter la section 3 pour d’autres indicateurs de rendement relatifs aux soins préhospitaliers et au transport.

Notes relatives à la mesure des indicateurs

  1. Indicateur de rendement 1 : Les données nécessaires peuvent être tirées de sondages menés par la fondation ou par d’autres organismes.
  2. Indicateurs de rendement 2 à 4 : Les données nécessaires peuvent être tirées de la base de données du SNISA et de la BDCP de l’Institut canadien d’information sur la santé, du projet spécial sur l’AVC 340 ou des vérifications des dossiers primaires.
  3. Indicateur de rendement 3 : L’heure du triage à l’urgence doit toujours être utilisée pour estimer l’heure d’arrivée à l’urgence. Elle devrait notamment être affichée dans le SNISA de l’ICIS et, comme valeur calculée, dans la BDCP. Ces trois fenêtres temporelles correspondent aux valeurs de rapidité du traitement dans cette version mise à jour des Recommandations.
  4. Indicateurs de rendement 3 et 4 : Le début des symptômes peut être connu si le patient était éveillé (et conscient) au moment où les symptômes sont apparus, ou inconnu si les symptômes étaient déjà présents au réveil. Il est important de noter si l’heure de début est estimée ou exacte. L’heure peut être dite exacte si 1) le patient était renseigné et a lui-même noté l’heure de début des symptômes; ou si 2) une autre personne a été témoin du début des symptômes et en a noté l’heure.
  5. L’indicateur de rendement 6 peut être obtenu en menant des analyses géospatiales fondées sur l’emplacement des postes d’ambulances, l’emplacement des hôpitaux dotés de services d’AVC en phase hyperaiguë et la géographie des routes.
Sommaire des données probantes +-

Tableaux de données probantes et liste de référence

The results from many cross-sectional surveys indicate that, among members of the general public, knowledge of the signs and symptoms associated with stroke is poor. Failure of recognition on the part of either those witnessing a stroke or the person experiencing a stroke event can delay the time to contact emergency services, which may in turn decrease a patient’s opportunity to receive time-sensitive treatment. Mochari-Greenberger et al. (2014) surveyed 1,205 women aged ≥25 years living in the United States who had participated in the American Heart Association National Women’s Tracking Survey. Participants were contacted by telephone and asked standardized questions related to stroke warning signs and actions to take in the event of stroke. Sudden weakness and/or numbness of the face or limb of one side were the most commonly-cited symptom (51%). Loss of/trouble with understanding speech was also frequently recognized as a symptom (44%), while headache, unexplained dizziness and loss of vision in one eye were only recognized by 23%, 20% and 18% of respondents, respectively. One in 5 women could not name any of the stroke warning signs. Lundelin et al. (2012) conducted telephone surveys of 11,827 adults living in Spain who had participated in the Study on Nutrition & Cardiovascular Risk in Spain study to assess their ability to identify stroke symptoms, including sudden confusion or trouble speaking, numbness of face, arm or leg, sudden trouble seeing in one or both eyes, sudden chest pain (decoy), sudden trouble walking, dizziness or loss of balance and severe headache. 65.2% of the participants could correctly identify 4-6 symptoms of stroke, although only 19% could identify all 6 symptoms correctly and 11.4% were unable to identify a single symptom. 81.1% of participants indicated that they would call an ambulance if they suspected someone was having a stroke. Persons who could identify more stroke symptoms were more likely to call for an ambulance.

Even after an individual has suffered a stroke, they may remain unaware of stroke risk factors, including their own. Of 195 patients admitted to hospital following a confirmed stroke or TIA, a high percentage could not identify their own stroke risk factors (Soomann et al. 2015). Diabetes was the best recognized risk factor (89%), while 78% and 77% of patients were aware of atrial fibrillation and previous stroke, respectively. Sundseth et al. (2014) reported that among 287 patients admitted to hospital with a suspected stroke or TIA, 43.2% were able to name at least one stroke risk factor, while 13.9% could identify two and 1.7% knew three. Smoking and hypertension were the two most commonly cited risk factors for stroke. In terms of their knowledge of the signs and symptoms of stroke, 70.7% of patients knew at least one symptom of stroke. 66.6% identified numbness or weakness of the face, arm or leg, 45.6% identified confusion or trouble speaking or understanding speech, while 42.9% patients were able to identify both symptoms.

The number of public awareness campaigns designed to increase the recognition of the signs and symptoms of stroke has increased over the past decade. One of the most recognized programs is FAST, a mnemonic standing for F-face drooping, A-arm weakness, S-speech difficulties and T-time to call 911. The results of several studies evaluating the effectiveness of these campaigns indicates that exposure is associated with increased awareness of the signs and symptoms of stroke. Bray et al. (2013) surveyed 12,439 individuals ≥40 years of age from the general population in Australia and reported that from 2004 to 2010 there was a significant increase in the number of respondents who were aware of the national multimedia stroke awareness campaigns (31% vs 50%), which included FAST. The authors also reported an increase in the number of participants able to name ≥1 (69% vs 81%), ≥2 (43% vs 63%), and ≥3 (19% vs 32%) warning signs of stroke. Respondents who could identify ≥2 warning signs were significantly more likely to be aware of the campaign (OR=1.88, 95% CI 1.74 to 2.04). Similar results were reported from a Swedish mass-media campaign (Nordanstig et al. 2017), whereby the number of respondents who could identify some, or all of the words in the FAST mnemonic increased significantly from 4% before the campaign, to 23% during and immediately after, although decreasing to 14%, 21 months after the campaign ended. Jurkowski et al. (2010) reported that following a public awareness campaign to increase awareness of FAST, respondents who were exposed to a 3-phase multimedia campaign over a 7-month period were more likely to be aware of the campaign and its primary message to call 9-1-1. From pre- to post-campaign, the percentage of respondents who reported they would call 9-1-1 in response to specific stroke symptoms increased from 9%-12% for specific symptoms identified in oneself and 4%-12% for specific symptoms identified in others, compared to those who had not been exposed to the campaign.

Rasura et al. (2014) conducted a review of 22 studies, of which 14 targeted the general public using mass media campaigns. The duration of these campaigns varied from 3 months to 4 years. Three popular stroke signs and symptoms were included in all of the studies using mass media campaigns: FAST, SUDDEN and Give-Me-Five. Effectiveness of the interventions was assessed in most studies through questionnaires administered pre-and post-intervention. The authors concluded that large public health campaigns using mass media are expensive and short lived and may not be effective, although the increased costs could be mitigated through more prompt treatment with t-PA. They also indicated that, to be effective, the message being delivered must direct the person to call an ambulance. They also reported that the dose of the campaign appeared to be as important as the message. Television was found to be the most effective medium. While online campaigns can also be successful, the authors reported that they tend to attract a self-selected group (e.g. well-educated women).

Mass media campaigns have also been shown to be associated with increases in the use of thrombolytic agents following acute stroke. Advani et al. (2016) reported that the average number of patients treated with t-PA increased significantly from 7.3 to 11.3 patients per month (an increase of 54.7%, p=0.02) in the 6-month period following the introduction of a mass media intervention that featured the FAST mnemonic, compared to the preceding 12 month-period. The average number of patients treated in the ER increased significantly from 37.3 to 72.8 patients per month (an increase of 95.7%, p<0.001) during the same period. Although the mean number of patients treated with t-PA dropped to 9.5 per month after the first 6 months of the campaign, it was still significantly higher than the preceding 12 months. In a telephone survey including 1,400 participants, the number of people who could name any stroke symptom increased from 66% to 75%. Of those who could name a symptom, 52% recognized facial droop, 42% named speech difficulties and 42% named arm weakness.

Ressources AVC